Sous le capot

Comment Stynch lit un post

Un post LinkedIn passe par une chaîne d'analyse linguistique écrite en interne: nettoyage, lemmatisation, typage grammatical, segmentation du discours. Il en ressort sept représentations vectorielles distinctes, calculées pour chaque post puis agrégées par profil.

Un profil n'est donc ni un texte ni un score. C'est un point dans sept espaces, comparable à n'importe quel autre profil dans chacun d'eux.

Post Profil 7 coordonnées keyword lexical semantic topic features style dense
Chaque post est projeté dans sept espaces, puis agrégé au niveau du profil.

Représentations

Sept espaces par post

Chacun capte une dimension différente du texte. Aucun ne suffit seul.

keyword

Termes pertinents

Termes et expressions extraits du post, enrichis des hashtags et de la description du profil.

lexical

Proximité de vocabulaire

Vecteurs GloVe entraînés sur un corpus de publications LinkedIn, moyennés avec une pondération TF-IDF.

semantic

Sens

Embeddings multilingues 512 dimensions (Matryoshka Representation Learning), calculés localement par ONNX Runtime.

topic

Thématiques

Résultat d'une multi-classification d'ensemble, détaillée plus bas.

features

Syntaxe et énonciation

Un vecteur d'environ 158 traits grammaticaux et énonciatifs, mesurés sur chaque post.

style

Profils discursifs

Classification stylistique du post et du profil à partir des couches d'analyse du discours.

dense

Proximité globale

Vecteur dense 64 dimensions, utilisé pour les comparaisons rapides entre profils.

Thématiques

Quinze classifieurs, un consensus de trois signaux

Classer un post court, allusif et souvent multi-sujet est un problème difficile. Stynch ne s'en remet pas à un seul modèle. Quinze classifieurs sont implémentés, chacun fondé sur une logique mathématique différente:

  • lexicaux: comptage de mots-clés par automate Aho-Corasick, TF-IDF;
  • probabilistes: Bayes naïf avec lissage de Laplace, probabilités conditionnelles P(thème|mot);
  • théorie de l'information: information mutuelle entre mot et thème, entropie discriminante de chaque mot;
  • voisinage: k plus proches voisins lexicaux, et sémantiques sur des posts de référence par thème;
  • apprentissage: Random Forest, similarité aux centroïdes de thèmes en embeddings.

Ils sont mis en concurrence sur des jeux de référence. En production, posts et profils sont classés par consensus entre trois signaux orthogonaux: fréquence brute des mots-clés, probabilité bayésienne, information mutuelle. Chaque signal est normalisé dans [0,1] avant fusion, pour qu'aucun n'écrase les autres.

Un post sans vocabulaire thématique reste non classé: aucun thème n'est attribué par défaut.

Mots-clés Bayes Info. mutuelle min-max [0,1] puis fusion vecteur thématique
Consensus de trois signaux orthogonaux: fréquence, probabilité, information (schéma).

Syntaxe

158 traits mesurés sur chaque post

Le vecteur syntaxique décrit la manière d'écrire, indépendamment du sujet:

  • structure: longueur des paragraphes, des phrases et des mots, blocs de hashtags, ponctuation;
  • verbes: temps, modes, voix passive, impératif, et huit classes verbales structurelles (assertion, attribution narrative ou épistémique, construction, opération, connexion, stase, modulation);
  • types de phrase: déclarative, interrogative, exclamative, impérative;
  • citations: source nommée ou anonyme, statut de l'énoncé (constaté, rapporté, proposé, hypothétique);
  • neuf tonalités, de factuelle à provocatrice;
  • sept axes d'énonciation: emphase, formalité, temporalité, certitude, émotion, orientation collective ou individuelle, posture de savoir (enseigner, promouvoir, témoigner);
  • rareté du vocabulaire par TF-IDF: mots génériques, courants, spécialisés, rares.

Chaque métrique est située dans la distribution réelle du corpus par quartiles et écart interquartile. Pas par écart-type: les distributions observées sur LinkedIn ne sont pas gaussiennes. C'est la base de l'analyse du copywriting.

Structure Ponctuation Verbes Phrases Citations Tonalités Énonciation Lexique
Un post, environ 158 traits regroupés en familles (valeurs illustratives).

Discours

Une structure rhétorique pour le français de LinkedIn

Stynch implémente la Rhetorical Structure Theory, adaptée aux posts LinkedIn en français: phrases courtes, fragments, registre persuasif.

  1. Le post est segmenté en unités discursives élémentaires, en trois passes: paragraphes, phrases, marqueurs internes.
  2. Chaque unité reçoit l'une de douze relations (élaboration, contraste, concession, cause, résultat, condition, preuve, séquence, résumé, motivation…), par score lexical sur des marqueurs discursifs calibrés pour LinkedIn, biais de position et analyse structurelle.
  3. La relation est confrontée à la distance sémantique entre unités: un contraste doit relier des unités éloignées, une élaboration des unités proches.
  4. Chaque relation devient un vecteur (angle, amplitude): 0° pour la continuation, 90° pour la rupture, au-delà pour la contre-argumentation. Le post se lit alors comme un chemin dans un plan rhétorique, normalisé en empreinte comparable d'un post à l'autre.
convention 0° élaboration 90° contraste >90° concession élaboration cause contraste concession élaboration résumé un post = un chemin
Chaque relation rhétorique est un vecteur; le post devient une trajectoire comparable (schéma).

Sur cette trajectoire reposent quatre couches d'analyse par post:

  • archétypes de copywriting: AIDA, PAS, BAB, FAB, ACCA, PSB, 4C, 4U, 4P, SLAP… reconnus à la courbure de la trajectoire, pas à des mots-clés;
  • intention éditoriale: neuf intentions et trente-sept formats;
  • entonnoir: TOFU, MOFU ou BOFU selon le recouvrement entre le post et le domaine propre de l'auteur, et cycle de vie intemporel, réactif ou hybride;
  • profils discursifs, par analyse discriminante fondée sur l'entropie.

Une cinquième couche travaille sur l'ensemble du corpus: l'écart sémantique entre lignes consécutives mesure si l'auteur déroule un fil continu ou procède par pivots, et une grammaire récursive en déduit sa famille stylistique et son sous-type.

Les seuils d'interprétation ne sont pas fixés à la main: ils sont recalculés comme percentiles empiriques (p20, p40, p60, p80) sur un corpus de profils de référence. Chaque niveau affiché regroupe la même proportion d'une population réelle.

Idées

Graphes de cooccurrences

Le mindset est un graphe: les notions qu'un auteur associe, post après post. La matrice de cooccurrences est construite sur fenêtre glissante, après lemmatisation et extraction des expressions figées (« marque employeur » reste une unité).

Les nœuds sont choisis par un vecteur de pertinence qui pondère chaque terme selon sa rareté par rapport au lexique LinkedIn: un mot banal ne structure pas un mindset. Les liens sont ordonnés par indice de Dice, les formes équivalentes fusionnées, et le bruit éditorial récurrent pénalisé. Les mentions et citations forment un second graphe, celui des influences.

recrutement marque employeur talents culture onboarding manager entretien candidats
Les notions qu'un auteur associe, pondérées par leur rareté (exemple fictif).

Comparaison

Quatorze populations de référence

Une valeur isolée ne dit rien. Chaque métrique est exprimée en percentile au sein de populations réelles: profils de référence, panel, segment, thème, tranche d'abonnés, voisins éditoriaux, profils cités, et leurs croisements. Les distributions sont stockées par métrique et par population, sur des fenêtres temporelles recalculées chaque mois.

Les voisins d'un profil sont calculés selon trois stratégies (sémantique, lexicale, pondérée) et trois portées (globale, par thème, par vecteur thématique). C'est ce qui alimente les classements et positions.

P78 le profil population: même thème, même tranche d'abonnés
Une valeur n'est lue qu'à travers sa position dans une population réelle (schéma).